Home > Coin enseignant > Témoignage d’un enseignant autodidacte

Témoignage d’un enseignant autodidacte

//
Commentaires désactivés

L’équipe de taoujih.com, le magazine spécialisé dans la vie étudiante ainsi que l’orientation, est allée à la rencontre de Hamid Abed, un instituteur qui nous raconte son histoire.

Bonjour !

En effet, mon histoire mérite tout un roman avec des chapitres bien définis. J’ai participé au concours des moniteurs de l’éducation nationale en 1973 avec un petit diplôme technique équivalent au BEG d’antan. Je  n’avais pas réussi à décrocher mon BAC pour mériter une place à l’école normale des instituteurs. Depuis mon enfance, j’ai toujours souhaité devenir instituteur comme l’enseignant français que j’ai eu au primaire. Après la proclamation des résultats du concours, j’ai été directement parachuté dans une école de filles.

Première affectation

Je n’avais pas encore 20 ans quand la directrice de l’école me confia une 6ème année et une 4 ème année. Timide que j’étais à l’époque, je rencontrais d’énormes difficultés avec les filles de 6ème qui avaient presque ma taille. Je n’ai bénéficié d’aucune aide pédagogique ou du moindre conseil  ni de la directrice, ni des collègues enseignants. Les manuels d’accompagnement étaient mes seuls conseillers, en somme, j’étais l’enseignant autodidacte.

Autoformation

Pour vaincre ma timidité, je préparais mes cours d’une manière théâtrale. Je me mettais dans une chambre et j’imaginais les élèves devant moi. Je lisais à haute voix avec gesticulations, je changeais tantôt le rythme de la vitesse de lecture tantôt la voix pour non seulement épater mes élèves mais surtout leur faire aimer la lecture. Plus tard, je m’achetais un instrument de musique pour accompagner les récitations…il m’a fallu 2 ou 3 ans pour parfaire mon oreille musicale, mes cordes vocales et bien entendu mes doigts sur les cordes.

J’ai participé aux stages de moniteurs de colonie pour enrichir mon savoir culturel (dessin, travaux manuels, sport, théâtre et jeux). En 1981, j’étais déjà l’instituteur exemplaire d’après les observations de mes inspecteurs.

Vers la direction

Après 31 ans sur une estrade, j’ai réussi tant bien que mal ( je n’avais pas de piston) à participer  au stage des directeurs d’école primaire. Directeur d’école à partir de 2005, j’ai réussi à former une équipe pédagogique  ( 6 enseignantes) qui a complètement changé le visage de mon école bien que rurale. Ma mission de directeur ne m’a pas empêché de continuer à monter sur les estrades et d’apporter une aide conséquente à mes stagiaires. La théorie n’avait pas de place dans mon école, je me trimbalais avec mon tablier pour montrer intelligemment  à l’enseignant comment mener les différentes activités d’une part et comment maîtriser sa classe d’ autre part tout en lui préconisant les techniques de récompense ou de punition.

Commentaires

commentaires


Vous aimerez aussi
BAC à Constantine : des candidats de plus de 40 ans pour le BAC
Congrès Des Mathématiciens Algériens Cma’2016
Le premier colloque international sur la géologie de l’atlas saharien (GAS-1)
NCA Rouiba recrute