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Chronique d’une enseignante pas comme les autres: non, je n’ai rien oublié. 3ème partie

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Fin de la 2ème partie

J’ai passé mon bac dans l’indifférence de ma famille, et je l’obtins avec une bonne moyenne. Un bac embué de sueur froide car je devais rendre les armes et vivre sous les décombres de mes désillusions …

 

3èmepartie

Au moment où toutes les bachelières  savouraient la joie de la réussite  entourées de leurs proches, et se projetaient dans le futur, un diplôme à la main, rêvant d’un beau prince sur un cheval blanc, moi je restais  là, otage de mes désespoirs, seule avec ma solitude.  Je me laissais guider vers ma destinée, enivrée de mes chagrins car mon avenir était  déjà tracé, non pas à Alger, mais au bled  où je me voyais  mariée à un septuagénaire édenté, tirant sa mule (venue d’Alger !) à travers  les sentiers du village. Au bled  à 19 ans, vous entrez dans le club des « bayrette : vielles filles ».

Mais j’ai décidé, contre vents et marées,  de renaitre de mes cendres et mener une dernière bataille, celle de rester à Alger et de tenter « nia flahbal :associer la naïveté à la folie » en demandant à mon cher frère berbériste chauvin, qui nous interdisait de parler Arabe à la maison, de m’aider à préparer un dossier pour intégrer cette école dont j’ai longtemps rêvé, les beaux-arts ,chose qu’il refusa bien sûr et qui ne m’a ,d’ailleurs ,pas choquée mais anéantie.  Bizarrement, je n’ai pas pleuré, j’ai juste avalé ma rage.

Mais un jour, un cousin débarqua du  bled pour m’y emmener, soit disant, envoyé par mon père pour fêter le bac (ma famille s’était installée là bas depuis 2 ans), et croyant au début à un guet –apens pour me faire quitter Alger,j’ai fini par croire.

Et ce que j’avais pris au début pour un mirage, était  en réalité un miracle, ne dit-on pas que les miracles arrivent à ceux qui n’abandonnent pas !? Une fois au bled, je trouve mes parents aux anges, mon père surtout, heureux, fier de sa fille, première bachelière de la famille et dans tout le village.  Assis sur son canapé ? , un post -cassette sur sa table de nuit, il faisait écouter aux invités le nom de sa fille, enregistré de la chaine nationale.  Ce fut  la seule fois où j’étais heureuse avant mes 20 ans et la plus heureuse lorsqu’il m’autorisa à faire ce que je voulais de mon avenir à condition de garder mon « nif » (honneur) ; évidement ce sera   le dessin, mais  ma joie était de courte durée  car,malheureusement, les inscription sont closes, je décide alors de me venger de ce  frère berbériste  qui a enterré mon rêve, et  quel est le comble d’un kabyle berbériste ? C’est que sa sœur fasse Arabe ! J’intègre donc l’école normale, et je passe à la fac les plus belles années de  ma vie, finies les nuits du doute eternel et les incertitudes, me voilà  épanouie, entreprenante, abordant la vie avec soif, quant au dessin j’ai réussi à convaincre  le recteur d’organiser une exposition à l’occasion de la journée de la femme dans un grand amphithéâtre de la fac centrale.

Partie 1: http://taoujih.com/2016/09/chronique-dune-enseignante-pas-comme-les-autres-non-je-nai-rien-oublie-partie-1/

Partie 2: http://taoujih.com/2016/09/chronique-dune-enseignante-pas-comme-les-autres-non-je-nai-rien-oublie-partie-2/

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