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Chronique d’une enseignante pas comme les autres : non je n’ai rien oublié (partie 2)

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Je retournais en classe rassembler mes affaires, et faire l’ultime adieu à mes rêves et mes illusions, le sourire figé, le regard glacé…

Et en essayant de retenir mes larmes pour garder ma dignité devant mes camarades, mon visage blême attira le regard de mon prof d’arabe qui, intriguée, puis submergée d’émotions et de rage, s’en alla parler à mon père qui finit par m’accorder un sursis.

Et je gagnai ma première bataille face au destin en arrachant mon BEM sans trop de peine car je noyais mes souffrances dans mes études. 

Mais comment convaincre mes parents de me laisser aller étudier dans un lycée distant d’environ 4km de chez nous ?

Par un mensonge, oui j’ai menti, que Dieu me pardonne, en leur faisant croire que j’allais en voiture avec une camarade, et je faisais le trajet Omar Racim, le Golf à pieds, il faut dire que c’était de la course à pied, car il ne fallait pas que je dépasse les 20 minutes pour ne pas éveiller leurs soupçons.

J’étudiais donc sans savoir s’il y aurait un lendemain, et je m’interdisais de rêver car rien et personne ne m’encourageaient à le faire,ni ma famille, ni l’environnement, nous dormions tous dans une même pièce exigüe, et il arrivait souvent que l’un de mes frère éteignaient la lumière avant que je finisse mes devoirs et que je sois obligée de sortir dans la cour travailler sous la lumière des lampadaires été comme hiver.

J’ai bûché sans répit, la peau sur les os, je ressemblais à une planche à repasser car je ne mangeais pas à 12h, je gardais – sans le dire à mes parents – le seul argent qu’on me donnait pour payer la cantine, pour subvenir à mes besoins, et je restais enfermée, entre 12h et 14h, dans l’atelier de dessin à admirer les statuettes en marbre et à essayer de les reproduire, et c’est ainsi qu’une deuxième passion est née ; le dessin et la peinture que j’adorais au point de sécher les cours de maths (j’étais littéraire) pour aller dessiner ; et là, je commençais à rêver, à conjuguer les espoirs, à me voir en haut des affiches à l’entrée des expositions, et je me disais : si jamais on me laissait continuer mes études, j’entrerais à l’école des beaux-arts !

J’ai passé mon bac dans l’indifférence de ma famille, et je l’obtins avec une bonne moyenne, un bac embué de sueur froide car je devais rendre les armes et vivre sous les décombres de mes désillusions…

 Warda .T

A suivre

Partie 1 : http://taoujih.com/2016/09/chronique-dune-enseignante-pas-comme-les-autres-non-je-nai-rien-oublie-partie-1/

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