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Chronique d’une enseignante pas comme les autres: Non je n’ai rien oublié (partie 1)

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Un parcours jalonné de batailles 

Arrivée du bled en 1964,ma famille, qui s’installa au Golf, voulait à tout prix que j’arrête mes études à la 6eme, car, sachant lire écrire une lettre était tout ce qu’une fille de marabouts pouvait espérer. Mais le hasard est curieux, il provoque souvent de bonnes choses, l’église Sainte-Anne, située à deux pâtés de maison de chez nous venait d’être transformée en un collège, donc j’allais poursuivre mes études mais sous haute surveillance de ma mère qui, avant d’aller faire ses courses,passait d’abord par le collège et restait là un moment, debout,discrète, enroulée dans son haïk blanc telle un fantôme, épiant mes faits et gestes  à travers la grille de l’église pour s’assurer que je ne jouais pas avec les garçons.

Nous étions pauvres, je travaillais dur avec les moyens du bord, je rassemblais les feuilles blanches des anciens cahiers pour en faire des nouveaux, et je transformais tous les vieux vêtements qui me tombaient sous les mains pour m’habiller et c’est de là que naquit ma passion pour la couture.

J’étudiais donc avec un espoir mêlé au désespoir qu’un jour j’allais arrêter, et ce jour arriva lorsque mon père est venu m’extirper de ma classe, et meurtrie, la tête envahie d’idées noires, je me suis soumise sans réagir. Je retournais en classe rassembler mes affaires, et faire l’ultime adieu à mes rêves et mes illusions, le sourire figé, le regard glacé…

                                                                   A SUIVRE

T/ Warda

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