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Témoignage: les Mastères Spécialisés en France

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L’équipe de Taoujih,  magazine spécialisé dans la vie estudiantine et l’orientation des jeunes, est de nouveau allée à la rencontre d’un jeune Algérien, étudiant en France depuis un an pour y faire un Mastère Spécialisé.

Bonjour Sadek, présentez-vous aux lecteurs de TAOUJIH.

Jeune algérien, 24 ans, étudiant en Mastère Spécialisé à l’École CentraleSupélec Paris, ingénieur polytechniciens diplômé de la promotion 2015.

Pourquoi êtes-vous parti étudier à l’étranger ? Et pourquoi la France en particulier?

Tout simplement parce qu’il ne m’était pas possible de concrétiser mon projet professionnel en Algérie car malheureusement, le système d’enseignement supérieur algérien est bâti sur une logique qui ne permet pas aux jeunes étudiants d’être acteur de leur formation et leur choix de parcours.

A titre d’exemple, on ne peut pas faire une école de commerce après une école d’ingénieur en Algérie alors que le besoin sur le marché du travail est là.

Sans oublier que les études à l’étranger sont également de meilleure qualité, plus orientée vers le contexte international et la démarche pédagogique est différente et plus adaptée à la réalité et attentes des entreprises.

Personnellement, en sortant de l’École Nationale Polytechnique, je ne me sentais pas prêt à entrer dans le monde professionnel même avec un diplôme obtenu avec la mention Excellent ! Les formations sont aujourd’hui complètement déconnectées de la réalité du business et n’intègre aucunement le savoir-être.

Parlez-nous un peu de votre cursus scolaire depuis que vous êtes en France.

J’ai choisi de compléter ma formation d’ingénieur par une formation managériale axée essentiellement sur le management de projet dans un contexte industriel et international.

Pour cela, j’ai choisi de faire un Mastère Spécialisé (diplôme BAC+6) à l’École Centrale Supélec Paris (campus de Centrale Paris) qui m’a permis d’acquérir une double compétence technique et managériale et m’a permis aussi d’appréhender les projets technologiques dans leur globalité technique, économique, sociale et managériale.

Evidemment, il n’était pas possible de faire un tel choix de parcours en Algérie…

Comment ça se passe ?

Actuellement, j’ai fini la première partie de ma formation qui consiste à suivre et valider les cours dispensés sur le campus de l’École (750h de cours sur 6 mois) et je prépare ma thèse professionnelle qui sera examinée lors d’une soutenance en Novembre 2016.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées à votre arrivée à l’hexagone?

Les difficultés d’un étudiant algérien à l’étranger sont principalement administratives. Il faut dès les premières semaines gérer les différents dossiers et finaliser toutes les démarches en parallèle à ses études : titre de séjour, CAF, sécurité sociale, OFII, …

Parlez-nous du niveau algérien par rapport au niveau français.

Je pense que les algériens, et particulièrement les jeunes algériens, doivent sortir du fatalisme et arrêter de croire que le monde est meilleur qu’eux.

Sans se voiler la face, je dirais que sur certains aspects, ceux qui ont eu une éducation de qualité sont évidemment meilleurs que nous sur ces aspects là. Notamment lorsqu’il s’agit de s’inscrire dans une démarche systémique, car faut le dire, on ne nous a pas trop appris à réfléchir à l’école algérienne.

Toutefois, l’avantage qu’a un étudiant algérien est que nous savons travailler et se débrouiller tout seul. On est capable de supporter la pression des études, gérer la charge des travaux à rendre et le stresse qui va avec.

Au final, je pense que le gap entre les étudiants algériens et les autres étudiants (français ou autre) se réduit très rapidement avec le temps à condition de fournir beaucoup d’efforts au début. Au final, il suffit juste d’apprendre (ou réapprendre) à apprendre.

Comptez-vous revenir en Algérie un jour ? Et pourquoi?

A court et moyen terme (10-15 ans) non, je ne compte pas revenir.

Dans mon cas, je ne peux pas exercer mon métier en Algérie car il n’existe pas d’industrie technologique balayant l’ensemble du process d’innovation : de la recherche avancée au produit fini produit en grandes séries.

On ne retrouve que très peu de centres de développement technologique en Algérie et l’industrie ne cesse de reculer. Revenir en Algérie signifie donc pour moi un pas en arrière dans ma carrière professionnelle.

Toutefois, il est vrai que le vrai challenge de tout jeune algérien est de contribuer au développement de son pays. Malheureusement, vu la conjoncture actuel, l’absence de projet de société et les multiples problèmes de gouvernance font que très peu de jeunes algériens diplômés des plus prestigieuses écoles et universités dans le monde n’envisagent pas un retour en Algérie.

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