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Témoignage: la vie d’un jeune Algérien qui étudie en France

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L’équipe de taoujih.com, le magazine spécialisé dans la vie étudiante ainsi que l’orientation, est allée à la rencontre d’un jeune Algérien, étudiant en France depuis deux ans.

Bonjour Sifeddine, présentez-vous aux lecteurs de TAOUJIH.

Hello, je tiens tout d’abord à vous remercier de collecter les témoignages d’étudiants algériens à l’étranger On est souvent mal vus par les résidents algériens qui pensent qu’on se croit supérieur à eux, ce qui est totalement faux.

Tout d’abord, je tiens à encourager toutes les personnes qui souhaitent partir à l’étranger pour faire leur études (pas pour se marier avec une ghawriya et avoir les papiers). En faisant des études supérieures, on montre au monde que les Algériens existent, et que nous avons notre élite intellectuelle bien présente. Hélas, peu présente dans les grandes écoles… Dans les universités lilloises par exemple, il y a des Marocains, des Tunisiens, et autres nationalités, mais très peu d’Algériens. Lors d’une fête de bienvenue pour les étudiants organisés par le Nord Pas de Calais et ses universités, on portait des pins de son Pays pour se différencier, et se retrouver entre étudiants. Les Chinois, les Marocains, et les Turcs étaient plus nombreux entre- eux,  n’en parlons pas…   entre Algériens nous n’étions que 3 … !

Mais je me présente, Sifeddine HAFIDI, étudiant en classe préparatoire Physique-Chimie à Lille. Passionné de chimie depuis ma plus tendre enfance, j’ai choisi et j’ai été accepté à l’ENSCR, école d’ingénieurs en chimie. Je suis en France depuis 2 ans et j’espère apporter des éléments de réponses à vos questions.

Pourquoi êtes-vous parti étudier à l’étranger ? Et pourquoi la France en particulier?

Pourquoi l’étranger ? Il y a beaucoup de paramètres : déjà, les formations qui n’existent pas en Algérie. Puis, je suis une personne qui souhaite s’épanouir en toute liberté, avoir une dose de calme et de voyage (bon… le calme est relatif; lorsqu’on est en prépa on n’a pas trop le temps de voyager, mais un peu si tout de même) il faut savoir que dans les écoles supérieures, les associations estudiantines organisent quelques sorties et voyages à moindre coût pendant les vacances, alors on en profite si on n’a pas prévu de rentrer voir ses parents au bled. Le diplôme à l’étranger est certes mieux reconnu à l’international et apporte un plus non négligeable sur le CV.

Pour la France, pour moi ça a été juste parce que les démarches pour le visa ont été plus simples. Le Canada et la Belgique sont deux pays auxquels j’ai essayé de concourir pour faire mes études mais il faut savoir que le Canada propose des formations excellentes mais celles qui m’intéressaient ( Pharma /PhD) n’étaient disponibles que pour les résidents canadiens. De plus, le coût de la formation est excessif pour nous, étrangers, environs 6000 euros (1.000.000 Da environs). La Belgique quant à elle dispose d’une bureaucratie horrible,pour faire l’équivalence du bac et pour l’admission (tous les documents doivent être certifiés conformes par la mairie + ministère des affaires étrangères + consulat (au prix de 2000 Da le document, de mémoire !) La France ne demande que des photocopies pour les documents, et les frais de scolarité sont indéniablement abordables, par rapport à d’autres pays.

Parlez-nous un peu de votre cursus scolaire depuis que vous êtes en France, la prépa en France, aussi effrayant qu’on le dit?

La prépa? Oh euh … c’est disons, différent de ce qu’on a l’habitude de voir. Le rythme est très soutenu dès le départ, ce qui nous oblige à travailler beaucoup en dehors des cours pour rester à jour. Pour résumer simplement, ce n’est pas évident, mais certainement pas insurmontable! Personnellement, je ne conseillerais pas la prépa pour quelqu’un qui débarquerait tout frais en France.Il y a beaucoup de choses qu’on apprend la première année à faire tout seul : gérer son argent, payer le loyer, acheter la nourriture, penser au menu du soir (parce que le midi tu manges généralement à la cantine ou au resto universitaire), faire face à la solitude de ton appartement loin de la famille. Émotionnellement, ce n’est pas simple ! Mais je répète, rien d’insurmontable. Petite remarque : même si vous êtes excellent en terminale et que vous avez un bon bac, il faudra quand même travailler dur et ne pas vous reposer sur vos lauriers. Beaucoup d’étudiants en prépa sont aussi doués en sciences que vous !

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées à votre arrivée à l’hexagone?

Ah ! mais je crois que je vous ai devancée. Mais ce n’est pas grave. En fait la difficulté est qu’on se retrouve face à un système totalement différent. Certes, il est guidé et beaucoup d’informations sont sur internet. Le plus difficile est de trouver du temps avant la rentrée pour effectuer les démarches administratives comme une ouverture de compte bancaire, trouver son appartement, le payer, puis contracter une assurance habitation, contacter la Caf pour recevoir une aide au logement (la Caf offre environs 180 euros pour tout studio loué tant que vous êtes étudiants, et cela peu importe la nationalité et c’est cool!),acheter un forfait téléphonique, un forfait internet, et un forfait de transport. De grosses dépenses pour la rentrée en perspective!

Mais pour moi, ce qui a été le plus difficile c’était l’acquisition de la carte de séjour. En arrivant, on vous dit que le service de la préfecture est complet et on vous donne rendez- vous pour octobre/novembre, en plein milieu des cours. La procédure est stressante et la carte tarde à être faite ; prévoyez de ne l’avoir qu’en décembre/janvier et du coup impossible de rentrer en Algérie avant! Mais surtout, il ne faut pas tarder pour faire les démarches. Un premier récépissé de dépôt de dossier ne vous permet pas de sortir du territoire français (si votre visa étudiant a expiré/ et il meurt vite) du coup, vous êtes bloqué pendant 2/3 à 5 mois.

Comptez-vous revenir en Algérie un jour ? Et pourquoi?

Seul l’avenir nous le dira ! Pour l’instant, je n’ai pas encore de projets professionnels. Quand on a les portes de l’international grandes ouvertes, on ne peut pas dire « oui ça sera ça et pas autrement » ça dépendra aussi et surtout du salaire et du confort de vie. Du coup, si je reviens en Algérie c’est avec l’assurance d’avoir un bon poste, et puis oui pourquoi pas, avec quelques unes de mes idées : je compte bien lancer quelques activités en Algérie Nchallah (Mais faut avoir les moyens déjà … ce qui n’est pas évident).

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